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FCL XIII champions
Lézignan, champions 2008
© Photo de iotreize
18 mai 2008
FCL 30 ans aprés
Les Audois ont remporté hier le 4 e titre de leur histoire, trente ans après le dernier acquis en 1978.
Après avoir perdu leurs deux dernières finales en 2006 et 2007 face à ces mêmes Pianencs, les Lézignanais touchent enfin au but.

C'est une foule et c'est un bonheur qui submergent la pelouse du stade de la Méditerranée. C'est une vague. Une coulée de joie qui se répand. Comme un torrent de lave qui ensevelit les joueurs. C'est une vieille photo sépia qui retrouve des couleurs éclatantes et s'anime à nouveau. Il est 20 h 50 et l'arbitre vient de mettre fin au suspense qui depuis une heure fait hurler 5 000 gorges profondes "Lézignan ! Lézignan !". C'est un moment fort et tout est là avec ce soleil de printemps qui baigne de lumière la plaine biterroise. Le match est terminé depuis quelques minutes mais le peuple lézignanais est resté à se frotter les paupières pour évacuer le rêve de ses pensées. Pensez donc, 30 ans que la ville attendait cela. Trois décennies de frustration et d'attentes inquiètes. Depuis le 8 mai 1978 et une finale de Coupe remportée face au XIII Catalan, le FCL n'avait plus connu l'extase d'un sacre au sommet. Il y avait bien eu auparavant quelques finales pour remiser dans l'antique buffet quelques breloques, mais les gloires étaient anciennes. Baignées dans l'oubli.

Lezignan rugby XIII

Hier, Cologni, Bansept, Roméro, Bringuier et Rovira, les Catalans expatriés ont ravivé l'histoire en terre audoise. Au terme d'un match plein de sève et de vie, assombri néanmoins par les cris de douleur de Janzac, le genou en vrac, Lézignan a poussé la plus belle des chansonnettes de son existence contemporaine.
Les dés ont hésité
Et dans une partie où les dés ont longtemps hésité, roulant au vent de l'incertitude, ce sont les doubles champions de France qui prennent d'abord les commandes de la partie. Grésèque des 20 m profite d'un placage trop dangereux pour déflorer la marque (2-0, 5 e ). A peine le temps de l'écrire que les Catalans glacent à nouveau la meute audoise descendue en procession (9 cars) dans l'Hérault. Sur une attaque classique, Piquemal, décalé à l'aile, s'en va brouter la pelouse, (6-0, 7 e ). Et comme la défense roussillonnaise a dressé les barbelés devant son territoire, Wynne en est réduit à faire parler la précision de son pied droit (6-2, 10 e ). Dans le sillage d'un Brown aux courses aussi rageuses que dévastatrices, les "rose et blanc" posent enfin leur jeu. Muniesa sauve la patrie en bout de ligne alors que l'essai semblait promis à Mullane. Mais sur la mêlée qui s'ensuit, Brown servait à l'intérieur Taylor, qui goûtait au bonheur pour la 34 e fois de la saison (6-8, 20 e ). L'arrière d'origine australienne, véritable acrobate du FCL, nous ressert le même met un peu plus tard, à la conclusion d'un superbe débordement de Mazard, dont le petit coup de pied de recentrage trouve donc Taylor qui en profite pour gonfler un peu plus sa ligne statistique (6-12, 30 e ).

Lezignan rugby XIII

A la reprise, mu par une force alcaline, Martins se lance dans un raid tout en puissance, défonce les derniers soldats postés sur sa "via sacra" pour planter son nez dans le gazon, en même tant qu'il remet les compteurs de cette finale à zéro (12-12, 45 e ). Dix minutes plus loin, Bosnich, l'entraîneur-joueur pianenc allonge le bras pour redonner l'avantage aux Donkeys (16-12, 55 e ). Et le chassé-croisé n'en finit plus. Malgré l'absence de Taylor, blessé, les Lézignanais repassent le museau devant sur une charge puissante de Rovira, sous les poteaux, peu après que Lacans, lui ait i nitialement jalonné le chemin de la réussite (18-16, 65 e ). Dans la foulée, Wynne tape un coup de pied jusqu'au ciel dans l'en-but catalan et Mazard, le filou, profite d'un raté de Muniesa pour donner encore plus de marge aux Audois (24-16, 67 e ). Le triomphe est à portée de main. Sur le Cour de la République, en plein coeur de Lézignan, on débouche déjà les premières bouteilles de Corbières millésimées. La nuit a dû être longue...

A Béziers, Arnaud Hingray

Lezignan rugby XIII

Ils ont dit :
Dominique Espugna (entraîneur Lézignan) : "C'est vrai que la joie a explosé quand à cinq minutes de la fin, on a vu que nous étions champions. Il a fallu toute l'énergie d'une ville pour qu'on puisse arriver à conquérir ce titre. L'analyse de ce match, on la fera après. Le plus important, c'était de ramener ce planxot".
Franck Rovira (Lézignan) : "Ce titre, ça faisait 30 ans que Lézignan l'attendait. Il est mérité car nous avons fait une belle saison. Il faut reconnaître que Pia nous a donnés du fil à retordre. Ils nous ont posé problème au large car ils ont compris que devant, nous étions plus solides et que cela se jouerait sans doute au large. J'ai une pensée émue à Florian Chaubet, le grand absent".
Cédric Bringuier (Lézignan) : "Pour le Catalan de Salses que je suis, c'est un double bonheur. Imaginez, cela fait cinq ans que je joue au FCL. J'ai aussi connu les années de galère. Et nous attendions ce moment avec une telle impatience. Ce premier titre, c'est fabuleux. D'autant qu'il est conquis par une bande de trente copains".

Lezignan rugby XIII

Mohamed Djalout (Pia) : "Je suis heureux d'avoir participé à cette finale car on m'a fait confiance. Heureux mais aussi très déçu d'avoir perdu".
Franck Traversa (Pia) : "Nous leur faisons un cadeau en commettant trop de fautes. On fait tout ce qu'il ne faut pas faire aujourd'hui. On avait juste qu'à conserver le ballon. On n'a pas respecté les schémas et cela ne pardonne pas".
Mathias Garrabé (Pia) : "C'est une grosse déception et je pense à ceux qui nous quittent (Patrick Cala et Craig West). On voulait leur dédier cette victoire, à eux, ainsi qu'à tous ces jeunes qui ont intégré le groupe cette saison".
Manu Bansept (Pia) : "Si j'avais déjà été sacré avec Pia, ce deuxième titre a vraiment une autre saveur. Après mon accident, les dirigeants lézignanais m'ont fait confiance. Je me devais de la leur rendre. Ce club m'a relancé, quel bonheur de vivre des pareils instants avec tous ces amis. Je peux désormais sereinement mettre un terme à ma carrière".

Recueilli par O. A. et A. H.

Article de www.lindependant.com

Vidéo de l'ambiance

 



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